Les musiques japonaises des Mystérieuses cités d’or

S’il y a bien une réédition que l’on attendait pas, c’est celle des musiques japonaises des Mystérieuses cités d’or ! Car si la série a rencontré un énorme succès en France et dans plusieurs pays occidentaux, ce fut loin d’être le cas au Japon. Programmée sur la prestigieuse chaîne NHK entre juin 1982 et juin 1983 sous le titre Taiyô no ko Esteban (Esteban le fils du soleil), elle a été accueillie dans une certaine indifférence, probablement éclipsée par le succès d’autres séries de cette époque comme Gigi (Minky Momo), Macross, Cobra ou Lamu (Urusei Yatsura) !

Une bande son totalement différente

Après Ulysse 31, Les Mystérieuses Cités d’or est la seconde coproduction franco-japonaise initiée par la société DIC de Jean Chalopin. Lorsqu’arrive le moment de la création sonore, les Japonais ont déjà trouvé un compositeur en la personne de Nobuyoshi Koshibe. Il s’agit d’un musicien expérimenté qui travaille notamment dans l’animation depuis les premiers programmes diffusés à la télévision : Tetsujin 28 (1963), Mach GoGoGo (1967), Doraemon (1973) ou encore Kurenai Sanshirô (Judo Boy), Kerekko Demetan (Demetan) et Ashita e Attack (Smash) pour ceux connus en France ! Son travail est de qualité, mais en 1983, il est tout de même un peu daté. Le réalisateur Bernard Deyriès comprend vite que cela ne correspond pas à l’image et à l’ambiance qu’il veut donner à la série. Finalement, les musiques seront confiées pour l’international à Shuki Levy et au producteur Haim Saban, suite à leur collaboration fructueuse sur une partie des musiques et chansons d’Ulysse 31.

Musiques datées

Deux albums vinyls ont toutefois été édités au Japon, le premier en novembre 1982 et le second en avril 1983. Ce sont ces derniers que l’on retrouve, quasi à l’identique, dans les deux CD sortis en mai 2020 chez Cinema Kan. En bonus, ont été ajoutées à la fin du premier album deux chansons supplémentaires, Ôgon no Condor et Sorezore no Utopia, éditées jusqu’ici uniquement sur un disque 45t avec les génériques originaux.

La qualité du remastering est très propre. On sent qu’on est reparti du matériel original : le son est impeccable et dynamique. Le premier CD contient surtout les thèmes des personnages principaux : celui d’Esteban (#01) repose sur une guitare aux sonorités espagnoles tandis que celui de Zia (#04) est plus mélancolique, porté par une flûte des andes. Dans l’ensemble, ces musiques sont agréables à écouter. La thématique sud-américaine de l’histoire est vraiment respectée à travers les instruments utilisés, mais elles paraissent bien fades et vieillottes comparées à celles que nous avons connues en France ! Même les chansons du groupe Pal ont un petit côté kitsch à côté de notre générique interprété par Apollo (Jacques Cardona) !

Des livrets soignés

C’est finalement au niveau du packaging que ces deux CD ont finalement le plus d’intérêt. On retrouve, d’une part, un livret couleur très complet qui reprend tout ce qu’il y avait dans les albums originaux : des images de la série, de nombreux croquis des personnages, quelques textes (en japonais) et même les visuels du 45t original. D’autre part, les deux posters originaux ont également été repris (certes, dans un format plus petit) ! Et notons que les jaquettes avaient fait l’objet à l’époque d’illustrations inédites absolument magnifiques !

En conclusion, même si ces musiques ne sont pas indispensables et bien qu’elle n’aient surtout rien à voir avec celles que l’on connaît, ces albums forment deux beaux objets que les collectionneurs se presseront d’acquérir, cette édition étant réalisée en quantités limitées.

FICHE TECHNIQUE
Titre : Taiyô no ko Esteban – BGM Vol.1 & 2
Origine : Japon
Date de sortie : 20/05/2020
Éditeur : Cinema Kan
Référence : CINK-1003 /CINK-1004
Prix : 3200 ¥ (environ 30 €)

 

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