Disparition de Nozomu Aoki, compositeur de Hokuto no Ken

Il était notamment connu pour avoir signé les musiques de Ken le survivant et de Galaxy Express 999. C’est seulement cette semaine que nous avons appris la disparition, le 20 février 2026,  du compositeur japonais Nozomu Aoki à l’âge de 94 ans.

Musique religieuse et folk

Né en 1931 dans une famille chrétienne, Nozomu Aoki se rend chaque semaine à un office religieux familial durant lequel il chante des hymnes accompagnés à l’orgue par sa mère. Il est toutefois le seul des quatre enfants de la famille à s’intéresser à la musique, si bien que son père lui offre un violon. Adolescent, il apprend à jouer d’autres instruments, notamment la batterie, l’orgue Hammond ou l’accordéon. Quand il ne va pas en cours, il est violoniste dans des groupes et finalement, à 15 ans, il décide d’arrêter l’école et de se consacrer entièrement à la musique. Bien qu’ayant appris les bases du solfège à l’école, il est autodidacte. Il commence à composer des chansons et à faire des arrangements, d’abord pour les groupes dans lesquels il joue, puis sur commande.

Ses premiers morceaux sont des chansons de folk pour divers artistes de la fin des années soixante comme The Folk Crusaders ou Norihiko Hashida & the Shoebelts. Il a composé et arrangé des dizaines de titres notamment pour Kiyohiko Ozaki, Chewing Gum, Jackey Yoshikawa and His Blue Comets, Sumiko Yamagata ou encore Miyuki Nakajima. Parmi ces chansons, certaines sont des génériques de drama ou d’anime. Il arrange ainsi le générique de fin de  Devilman (1972), des chansons de Haha o Tazunete Sanzenri / Marco (1976), Hana no ko Lunlun / Le Tour du monde de Lydie (1979) ou Fushigina shima no Flone / Flo et les Robinson suisses (1981).

Un ticket pour l’espace

En 1978, un ami réalisateur lui propose l’écriture de la bande originale d’une série d’animation : Galaxy Express 999. Nozomu Aoki avait toujours rêvé d’écrire une musique comme celles qu’on entend dans les films de Walt Disney. Ce sera son inspiration pour ce travail. Il signe aussi, un an plus tard, la bande originale du premier film (mais pas celle du second). Il a écouté pour cela les recommandations de l’auteur, Leiji Matsumoto. Sa participation est très remarquée, notamment le thème de la scène finale écrit après une nuit de travail, à 5 heures du matin, tandis qu’il se motive pour coller au plus près aux répliques de Maetel.

Cette carte de visite lui permet ensuite de signer la B.O. de nombreuses séries, notamment pour Toei Animation parmi lesquelles Aishite Night / Embrasse-moi Lucile (1982), Patalliro! (1982), Tongariboshi Memole / Crocus (1984), Step ! Jun / Vas-y, Julie (1985), Akuma-kun (1989), etc. On retiendra évidemment Hokuto no Ken / Ken le survivant avec les musiques des deux séries de 1984 et 1987 (mais pas celles du film). Cette fois, on est loin de l’inspiration Disney, mais Nozomu Aoki reste fidèle à la beauté des instruments à corde qu’il mélange avec cuivres et percussions. De plus, il a su parfaitement cerner l’enjeu et la tension dramatique qui émane de cette histoire.

Héritage

À partir des années 2000, Nozomu Aoki n’est plus très actif. Il compose toutefois les musiques de la série The Galaxy Railways en 2003 et fait des apparitions lors de concerts hommages à différentes licences. Blessé à la main il y a une dizaine d’années, il ne pouvait plus beaucoup écrire, ni jouer d’un instrument, sans compter qu’il avait peu à peu perdu l’audition. Il nous laisse en héritage une discographie incroyablement riche. Si les musiques de Galaxy Express 999 et de Hokuto no Ken font désormais partie des classiques encore assez faciles à se procurer, certaines de ses compositions restent pourtant inédites comme celles d’Embrasse-moi Lucile ou de Vas-y, Julie qui n’ont jamais été éditées dans le commerce, même au Japon.

Source: Nikkan Sports, Mikiki, Popoyumi

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